Représentation binaire d’un entier relatif

Représentation binaire d’un entier relatif

Dans la leçon précédente, nous avons vu comment représenter des entiers positifs (naturels). Cependant, un ordinateur doit aussi pouvoir manipuler des nombres négatifs. On parle alors d'entiers relatifs (ensemble ).

Définition : Entier relatif

Un entier relatif est un nombre entier qui peut être soit positif, soit négatif. Pour les stocker en machine, il faut définir une méthode pour représenter le signe (+ ou -) en utilisant uniquement des 0 et des 1.


I. La problématique du signe : Le bit de poids fort

La méthode la plus simple consiste à réserver le premier bit (celui de gauche, appelé bit de poids fort ou MSB) pour représenter le signe :

  • 0 pour un nombre positif.

  • 1 pour un nombre négatif.

Exemple : Signe et Valeur Absolue sur 4 bits

Le nombre +3 s'écrit 0011.

Le nombre -3 s'écrit 1011.


II. La méthode du Complément à deux

Le complément à deux est la méthode standard utilisée par les processeurs modernes. Elle permet d'effectuer des calculs arithmétiques sans circuit spécifique pour la soustraction.

Définition : Complément à deux

Il s'agit d'une opération mathématique qui consiste à inverser les bits d'un nombre positif (complément à un) puis à ajouter 1 au résultat pour obtenir son équivalent négatif.

Exemple : Représenter -5 sur 8 bits

1. Valeur absolue (5) en binaire : 0000 0101

2. Inversion des bits (NOT) : 1111 1010

3. Ajouter 1 : 1111 1010 + 1 = 1111 1011

Le nombre -5 est donc codé 1111 1011.


III. Étendue de la représentation

Le nombre de bits définit l'intervalle des nombres que l'on peut stocker. Si l'on travaille sur n bits, l'intervalle est de : [-2n-1 ; 2n-1 - 1]

Exemple : Capacité sur 8 bits (un octet)

Plus petit nombre : -27 = -128

Plus grand nombre : 27 - 1 = 127

Définition : Overflow (Dépassement de capacité)

Une erreur d'overflow survient lorsque le résultat d'un calcul dépasse la valeur maximale ou minimale que le nombre de bits alloué peut contenir, ce qui produit un résultat mathématiquement faux.


IV. Pourquoi utiliser le complément à deux ?

L'intérêt majeur est que l'opération A - B est traitée par la machine comme une addition : A + (-B). Cela simplifie grandement la conception électronique des processeurs.